Lors du conseil communal de ce lundi 28 janvier,  Céline Vivier et moi avons déposé une motion visant à soutenir les jeunes aidants proches bruxellois.

Concrètement, un jeune aidant est un jeune de moins de 18 ans qui consacre plusieurs heures par semaine à un proche (frère, parent, …) malade ou en situation de handicap. Une situation qui a de nombreuses conséquences pour lui. Moins de temps de jeux/sport avec ses amis, prise de responsabilités comme un adulte, …

A Bruxelles, selon plusieurs études, ces jeunes aidants proches représentent entre 14% et 20% des enfants et des adolescents. Il y a donc 2 à 3 jeunes aidants proches par classe dont 1 qui passe plus de 3h par jour à aider un proche malade ou en situation de handicap. Les aides apportées par ces enfants et ces adolescents sont de plusieurs ordres : des soins médicaux; des soins plus intimes (aider à aller aux toilettes, se laver, s’habiller, veiller la nuit); des déplacements (voiturette, se mettre au lit);  la responsabilité du ménage (cuisine, nettoyage, …) l’éducation des frères et des soeurs et, évidemment, le soutien émotionnel. La situation de ces enfants et adolescents n’est souvent pas connue ni par leurs condisciples, ni par les enseignants. Il n’est donc pas aisé de mettre en place des structures ou des démarches de soutien. Mais il faut le faire. Car ces jeunes sont parfois en grande souffrance (y compris scolaire).

La motion déposée ce lundi vise à faire de la Ville de Bruxelles, la première ville Jeunes Aidants proches de Belgique avec des engagements très clairs :

  1. Une ville qui connaît et reconnaît cette situation. Nous avons souhaité déposer cette motion car rien n’est prévu dans l’accord de majorité à cet effet. 
  1. Une ville qui n’oublie pas ses jeunes et souhaite les soutenir et s’assurer que leur responsabilité ne les empêchent pas de s’épanouir et d’apprendre. Ces jeunes peuvent devenir vulnérables lorsque la charge des soins et la responsabilité qui reposent sur eux deviennent excessives et inappropriées pour leur âge. Nous devons alors intervenir notamment en examinant comment apporter du soutien à cette famille!
  1. Une Ville qui s’engage à former et sensibiliser les adultes auxquels les jeunes aidants sont confrontés que ce soit dans notre administration communale, dans nos écoles, dans toutes institutions publiques, dans nos associations.
  1. Une Ville prête à les aider, via des assistants sociaux, des psychologues ou des personnes de référence,  notamment dans leurs démarches.
    • Nous proposons d’identifier directement, au sein de notre administration, une personne qui soit référente et clairement identifiée comme étant “Monsieur ou Madame jeunes aidants proches” afin d’accompagner les jeunes et les collègues amenés tout naturellement à être la personne de référence dans leurs problématiques. Cette personne pourra faire rapport régulièrement au Collège des mesures à prendre.
    • Nous proposons également de développer des plateformes de communication suffisantes  (internet, Facebook, numéro de tél…) où les jeunes aidants ont accès à des infos communales qui les concernent (droit, santé) et qui puissent recueillir leurs suggestions, leurs difficultés.
  1. Une ville et des écoles qui comprennent les implication d’une telle responsabilité tout en assurant des exigences d’enseignement pour tous! Nous proposons de 
    1. mettre à disposition un lieu pour que ces jeunes puissent se rencontrer et se retrouver avec d’autres jeunes vivant les mêmes réalités qu’eux. L’expérience d’autres pays européens nous éclaire à ce sujet : c’est d’abord entre eux, entre jeunes vivant des situations semblables que le soutien est le plus efficace.
    2. Permettre aux directions d’avoir la latitude nécessaire notamment en terme de flexibilité horaire dans les cas le plus graves. Si un jeune est amené à manquer des cours, il appartient au directeur de s’assurer de cette nécessité, mais surtout de disposer des financements nécessaires pour aider ce jeune à rattraper son retard. Une attitude humaine mais avec les mêmes exigences d’enseignement !

Le Collège soutient le principe. Un groupe de travail planche sur un texte que j’espère voir voter à l’unanimité.

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