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Article original de La Libre – Adrien de Marneffe

On veut faire du Sablon la place la plus chic de Belgique

Les lieux attirent l’élite bruxelloise depuis le XVIe siècle. Aujourd’hui, le Sablon compose un puzzle raffiné où se côtoient galeries d’art, antiquaires et maîtres chocolatiers. Ce pôle de prestige s’apprête à monter encore en gamme : selon les informations de La Libre, une boutique Hermès devrait prochainement y prendre ses quartiers, rejoignant Rolex et Heuer.

À quelques encablures, le projet « Lebeau » parachève cette mutation en transformant l’ancien site de Belgacom en appartements de grand standing.

« Un vent positif souffle de nouveau sur le Sablon. On veut renforcer ce momentum », assure Frederik Ceulemans (Ander), échevin de la Rénovation Urbaine, du Climat, de la Participation Citoyenne et des Affaires néerlandophones à la Ville de Bruxelles.

Pour accompagner cette dynamique, la Ville de Bruxelles prépare un réaménagement complet du site, basé sur une vaste enquête citoyenne. La philosophie affichée ? Ne pas révolutionner le quartier, mais le « sublimer ».

« Je suis assez conservateur sur cette question. Il y a assez d’endroits sans intérêt à Bruxelles pour se permettre des gestes architecturaux disruptifs », tranche David Weytsman (MR), président du CPAS et chef de file des libéraux (MR+) à la Ville. « Ce ne sera donc pas le cas au Sablon. »

Un constat d’usure

Les riverains semblent valider cette ligne : pour 89 % des 600 personnes sondées dans le cadre de l’enquête réalisée par « Quartier des arts », la préservation du patrimoine constitue une priorité absolue. L’amélioration de l’accès aux personnes à mobilité réduite, le fait de favoriser la convivialité ou encore le renforcement de la propreté sont également plébiscités.

Un autre constat s’impose dans le cadre du sondage : si le potentiel du quartier reste immense, ses infrastructures marquent le pas. Près de 40 % des usagers se disent par exemple insatisfaits de l’état des trottoirs.

« On veut faire de la place du Sablon la plus belle et la plus chic de Belgique », lance David Weytsman. L’objectif est d’en faire l’égale de la Grand-Place pour attirer des visiteurs du monde entier et redonner du prestige à la capitale.

Actuellement, le charme du lieu pâtit d’un parking central à la disposition anarchique.

« Ce genre de stationnement au milieu d’une place est un héritage obsolète des années 80 », pointe Frederik Ceulemans.

L’enjeu du stationnement

Mais toucher au stationnement au Sablon revient à manipuler de la nitroglycérine. La question de la mobilité et du plan Good Move a profondément divisé la majorité régionale. Si 53 % des sondés souhaitent plus de convivialité, 25 % de la clientèle reste motorisée.

Le compromis ? Évacuer les voitures du « cœur » historique pour faire respirer la place, la rendre aux riverains, tout en renforçant la capacité de stationnement dans les artères adjacentes.

« Nous nous engageons à maintenir, voire augmenter, le nombre de places aux alentours », martèle David Weytsman. Le réaménagement ne débutera que lorsque ces solutions compensatoires seront garanties.

À quoi ressemblera le « nouveau » Sablon ?

Si les élus restent prudents avant la fin des concertations, les lignes de force sont tracées : plus de végétalisation, des terrasses Horeca étendues, mais pas de transformation en parc ni de piétonnisation intégrale.

Le marché des antiquaires, véritable institution, sera préservé et la circulation automobile maintenue autour de la place. La Ville entend également protéger l’identité commerciale du quartier :

« Nous nous opposons à l’installation de nouveaux fast-foods ; il y en a déjà trop dans le centre-ville », affirme l’élu libéral.

Horizon 2030

La patience sera toutefois de mise. La phase de participation citoyenne s’étendra jusqu’en 2027, pour une finalisation des plans en 2028. Le chantier proprement dit ne devrait donc débuter qu’au début de la prochaine législature (2030).

Une prudence assumée pour éviter les erreurs du passé :

« Il faut éviter l’improvisation. Nous ne souhaitons pas reproduire des situations comme celle que nous avons connue avec les rampes du Palais de Justice, qui ont été fermées à la circulation sans savoir ce qu’on allait faire ensuite », note David Weytsman.

Trop souvent, selon lui, les projets ont souffert d’un manque d’écoute des citoyens, ce qui a mené à des recours et à une opposition stérile.