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Route Crucke : 96 % des approches empruntant cette trajectoire dépasseraient les normes bruxelloises de bruit. Et presque tous les quartiers survolés ne l’étaient pas auparavant.

David Weytsman, Président du MR Bruxelles & Périphérie, demande au ministre fédéral de la Mobilité de faire respecter les pistes préférentielles et de cesser d’opposer Bruxelles à sa périphérie.

Depuis juillet 2025, la nouvelle trajectoire rectiligne RNP07L survole nouvellement nombreux quartiers bruxellois. Présentée initialement comme une solution temporaire liée à des travaux, elle a été prolongée jusqu’au 31 octobre 2026.

Les études sont pourtant préoccupantes: 96 % des approches empruntant cette trajectoire dépasseraient les normes bruxelloises de bruit. Par rapport à l’ancienne approche courbée, le nombre de personnes exposées au-delà des recommandations de l’Organisation mondiale de la santé passerait de 71 793 à 130 459 sur une journée complète, et de 7 896 à 22 794 pendant la nuit.

« Malgré les études démontrant l’augmentation considérable du nombre d’habitants exposés, Jean-Luc Crucke a prolongé cette trajectoire jusqu’au 31 octobre 2026. Une solution temporaire ne peut pas devenir permanente par une succession de prolongations. Le ministre doit maintenant assumer ses responsabilités et présenter une solution. »

APRÈS WATHELET, LES MÊMES ERREURS SE RÉPÈTENT

Pour David Weytsman, les leçons des routes Wathelet n’ont manifestement pas été tirées.

« Jean-Luc Crucke devrait pourtant avoir retenu une règle essentielle : une politique de survol ne peut pas consister à choisir qui aura le droit de dormir et qui devra subir les avions. On ne règle pas un problème de nuisances en exposant des dizaines de milliers de nouveaux habitants. Déplacer le bruit, ce n’est pas résoudre le problème : c’est simplement créer de nouvelles victimes du survol. Cela n’était pas acceptable hier. Cela ne l’est pas davantage aujourd’hui. »

La trajectoire RNP07L est aujourd’hui régulièrement appelée la « route Crucke ». Pour David Weytsman, cette appellation traduit une responsabilité politique que le ministre ne peut plus éluder.

« Après les routes Wathelet, voici la “route Crucke”. Dix ans plus tard, la même famille politique reproduit la même erreur : changer les trajectoires, déplacer les nuisances et créer des dizaines de milliers de nouveaux riverains exposés plutôt que de régler le problème à la source. Jean-Luc Crucke a aujourd’hui un choix simple : corriger cette trajectoire ou en assumer pleinement la responsabilité politique. Il est encore temps d’éviter que la “route Crucke” entre dans l’histoire du survol de Bruxelles comme les routes Wathelet. »

NE PAS DÉPLACER LE PROBLÈME

Le président du MR Bruxelles et Périphérie refuse néanmoins que ce dossier se transforme en affrontement entre Bruxellois et habitants de la périphérie ou entre communes bruxelloises.

Les pistes 01, 07L et 07R sont toutes des pistes non préférentielles. La priorité ne doit donc pas être de décider quels habitants devront supporter davantage d’avions, mais de limiter leur utilisation au strict nécessaire.

« Les habitants de Woluwe, Kraainem ou Wezembeek-Oppem ont autant droit au sommeil que ceux de Molenbeek, Koekelberg, Schaerbeek, Evere, Jette ou Berchem-Sainte-Agathe. Déplacer les avions d’une population vers une autre n’est pas une politique. C’est déplacer le problème ! »

FAIRE RESPECTER LES PISTES PRÉFÉRENTIELLES

Le système officiel prévoit que les pistes 25L, 25R et 19 doivent être utilisées prioritairement. Les pistes 01, 07L et 07R ne peuvent être employées qu’en dérogation, notamment lorsque les conditions météorologiques l’exigent réellement pour garantir la sécurité aérienne.

Or, les critères de vent actuellement appliqués conduisent à abandonner trop rapidement et trop longtemps les pistes préférentielles.

David Weytsman, Président du MR Bruxelles & Périphérie demande donc au ministre Crucke :

  1. de faire respecter immédiatement le système des pistes préférentielles ;
  2. de limiter tout basculement vers les pistes 01, 07L ou 07R aux situations où la sécurité aérienne le rend réellement nécessaire ;
  3. d’assurer le retour aux pistes préférentielles dès que les conditions le permettent ;
  4. appliquer les critères de vent conformément aux décisions de justice et aux études de sécurité ;
  5. de publier la durée et la justification précise de chaque dérogation ;

« La sécurité aérienne ne se négocie évidemment pas. Mais lorsque les pistes préférentielles peuvent être utilisées en toute sécurité, elles doivent l’être. Chaque dérogation doit être nécessaire, transparente et aussi courte que possible. »

JEAN-LUC CRUCKE DOIT DÉCIDER

Pour David Weytsman, le temps des études, des tests et des prolongations successives est terminé.

« Jean-Luc Crucke doit maintenant choisir : faire respecter les pistes préférentielles ou assumer que l’exception devienne la règle et que des dizaines de milliers de Bruxellois en paient le prix. »

« Nous pouvons défendre un aéroport fort sans sacrifier les habitants qui vivent autour de lui. Mais cela exige du courage politique, des règles objectives et une autorité fédérale qui assume enfin son rôle. »

Article paru dans Le Soir

Article paru dans BruxellesToday