À la suite d’une nouvelle série de fusillades à Bruxelles, le ministre de la Sécurité et de l’Intérieur, Bernard Quintin, intensifie la lutte contre la criminalité organisée et le trafic de drogue. Il évoque une « situation d’urgence nationale » et indique que la question sera inscrite à l’ordre du jour du Conseil national de sécurité.
« Nous nous trouvons dans une situation d’urgence nationale. Le fait qu’un commissariat de police ait été pris pour cible montre à quel point la situation est grave. La nouvelle dimension de la violence, avec des armes de guerre, exige que nous mobilisions tous les moyens nécessaires. La lutte contre la criminalité organisée est une responsabilité commune et doit être une priorité absolue. » déclare le ministre de la Sécurité et de l’Intérieur, Bernard Quintin.
Renforcement de la police fédérale sur le terrain
Le ministre Quintin prend des mesures supplémentaires dans la lutte contre la violence liée à la drogue à Bruxelles :
- Un peloton d’infanterie supplémentaire est déployé.
- Le déploiement de la DSU est renforcé, en collaboration avec les équipes d’assistance spéciale.
- Les opérations FIPA et VIP contre le trafic de drogue sont poursuivies et adaptées à l’évolution de la situation sur le terrain.
- La Police Judiciaire Fédérale de Bruxelles est encore renforcée structurellement.
« Pour garantir la sécurité de nos citoyens, un effort supplémentaire est nécessaire. Si nous n’agissons pas aujourd’hui de manière concertée et ferme, nous continuerons à agir après coup. C’est pourquoi nous renforçons considérablement la présence fédérale sur le terrain, car si Anderlecht perd, Bruxelles perd. Et si Bruxelles perd, c’est toute la Belgique qui perd », poursuit M. Quintin.
M. Quintin souhaite par ailleurs que plusieurs mesures concrètes continuent d’être mises en œuvre au niveau fédéral :
- Renforcement et extension du déploiement des militaires au-delà du dispositif actuel dans les gares et métros
- Davantage de places dans les centres de retour fermés afin de pouvoir procéder avec fermeté au retour des personnes en séjour irrégulier.
- Des mesures visant à couper les communications entre les criminels liés au trafic de drogue incarcérés et le monde extérieur.
- Un enregistrement obligatoire des trottinettes et autres deux-roues afin de pouvoir mieux suivre leur utilisation.
- Une capacité de détention suffisante afin que les criminels interpellés puissent effectivement être incarcérés.
- Une approche ferme en matière de séjour irrégulier et de retour.
- Une capacité suffisante dans les institutions fermées pour jeunes.
Selon M. Quintin, les pouvoirs locaux doivent eux aussi renforcer leur approche de la criminalité organisée, notamment au moyen de mesures de police administrative telles qu’une interdiction de rassemblement ou une interdiction de lieu. Les bourgmestres peuvent ainsi également continuer à intervenir à l’encontre de commerces malhonnêtes liés à la criminalité organisée.
M. Quintin compte par ailleurs sur les autorités locales et régionales pour mieux coordonner leurs efforts, avec une coordination directe entre les différentes opérations et les différents services au niveau de la Région bruxelloise.
Afin d’assurer un suivi 24 heures sur 24 des incidents liés à la violence liée à la drogue et à la criminalité organisée et de pouvoir rapidement adapter l’action menée, il plaide pour la mise en place d’un poste de commandement permanent. Celui-ci doit assurer un suivi continu de la situation afin de pouvoir réagir plus rapidement et anticiper.
