Monsieur le Ministre-Président,

Hier, en vous écoutant évoquer la mobilité, j’ai entendu des phrases qui auraient pu sortir tout droit du Plan de Mobilité Iris 1, mais j’ai peu entendu de nouvelles solutions aux urgences actuelles.

Pourtant, « la mobilité n’est pas une politique secondaire qui s’adapte à la Ville ». La mobilité façonne la Ville. La mobilité n’est pas un problème à gérer. La mobilité peut être une solution. Des solutions au respect des gestes barrières, à la relance économique, au soutien au travail ou aux injustices sociales.

Au niveau sanitaire, les coronapistes – « temporaires » selon vos mots –  ne peuvent être LES SEULES solutions pour aider les Bruxellois à se déplacer pendant cette crise…

  • Quand pourrons-nous prendre connaissance de votre Stratégie Piétons ? Augmenterez-vous les budgets de rénovations des trottoirs ? Une exigence pour résorber le retard et surtout une priorité pour les 35% de Bruxellois « à mobilité réduite »…
  • Quand augmenterez-vous l’offre des transports publics en heure de pointe ? Hier, les gouvernements wallon et flamands annonçaient mobiliser des compagnies privées. Et à Bruxelles ?
  • Quelle place pour les deux roues motorisée, pourtant de vraies solutions pendant cette crise ?
  • Quel rôle principal, fondamental pour les taxis qui méritent bien plus que quelques primes ?

 

Monsieur le Ministre – Président,

Vous l’avez dit. La crise économique est juste catastrophique !

Comme le chef de groupe socialiste, j’en arrive malheureusement à la conclusion que la politique de mobilité régionale est “contre-productive”. Je suis perplexe quant à la pertinence de plusieurs décisions politiques, qui par manque de méthode ou de communication, plongent tantôt la ville dans le chaos, tantôt dans la torpeur en l’éloignant toujours un peu plus de nombreux habitants, travailleurs, clients, commerçants ou investisseurs…

Les exemples sont tristement nombreux :

  • Des tunnels fermés quand les commerces peuvent enfin réouvrir ;
  • La plus grande Zone 20km/h du monde et ses panneaux, aussi vites montés et photographiés, aussi vite retirés ; l’évaluation montrant son danger au détriment des modes actifs ;
  • L’entêtement d’une Zone 30 généralisée, sans avoir pu prendre le temps de la concertation et des aménagements nécessaires à son effectivité.
  • La fermeture de l’entrée sud de Bruxelles au détriment de centaines de milliers d’habitants, commerçants et travailleurs… Sans planification et accompagnement, une erreur qui précipite l’appauvrissement de notre Région et accélère le développement immobilier et commercial du Brabant wallon.
  • Les incertitudes sur le financement et le timing du métro pourtant un investissement durable et utile pour corriger les disparités entre les Bruxellois, dont près de 30% n’ont pas accès à pied à une station de métro.
  • Enfin, comme si les efforts des Bruxellois pour s’adapter aux exigences de la LEZ ne suffisaient pas, votre gouvernement annonce une nouvelle taxe, une taxe au kilomètre, jusque plusieurs milliers d’euros, qui risque de peser sur les travailleurs et les entreprises.

Toutes ces mesures rendent la ville moins accessible…

Toutes ces mesures hypothèquent aujourd’hui la relance économique.

Madame la Ministre de la Mobilité,

Oui, toute crise peut être un accélérateur du changement. Celle que nous vivons est un moment important pour interroger notre rapport à la mobilité et repenser nos déplacements. Le groupe MR, ma génération de libéraux plaide pour ces changements, comme en attestent les nombreuses propositions déposées dans cet hémicycle.

Mais comme libéraux, nous sommes aussi convaincus que ces changements de comportements et de mentalités, nécessitent

  • Un leadership bienveillant;
  • Des mesures inspirantes et non culpabilisantes voire punitives;
  • Une véritable culture de l’évaluation et non un simulacre d’analyses que vous nous proposez en pleine crise de l’offre et de la demande de transport.
  • Ces changements nécessitent de nouvelles méthodes de concertations, à construire ensemble… Des méthodes qui prennent réellement le temps d’écouter, de co-construire, d’informer, d’expliquer et parfois aussi d’accompagner vers des itinéraires alternatifs…

Je vous remercie.

David Weytsman

 

 

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