Skip to main content

Une interview publiée dans Moustique

 

En 2025, David Weytsman (MR) est devenu le premier président libéral en trente ans du CPAS de la Ville de Bruxelles, le plus grand du pays.

Vous êtes à la tête du CPAS le plus important du pays, avec des priorités bien établies…

La gauche a fait de bonnes choses mais il y a deux éléments sur lesquels elle a trop peu travaillé. D’une part la formation à l’emploi, et d’autre part l’accès à la propriété. J’ai concentré beaucoup de moyens sur ces politiques. Je ne veux pas être évalué sur les personnes qui rentrent au CPAS, mais sur celles qui en sortent.

Le droit à une vie digne, socle du travail des CPAS, se base sur le recours au collectif, alors que les discours politiques actuels, notamment libéraux, insistent davantage sur la responsabilité individuelle. Y voyez-vous une tension ?

Non, ce sont deux éléments importants d’une réflexion. Dans le cadre de la réforme du chômage, on passe de 9.000 à 14.000 personnes au RIS d’ici la fin de l’année. Une des conditions pour en bénéficier est d’être disponible sur le marché de l’emploi. Environ 80 % des personnes peuvent être tout de suite dirigées vers la formation. Donc c’est normal, parce qu’il y a des mécanismes de solidarité, qu’il puisse y avoir une attente et une responsabilité individuelle. Pour les 20 % qui restent, ce sont des personnes dont le logement est instable, et là c’est vraiment compliqué de trouver du boulot. Si vous êtes une maman solo qui ne parle pas bien français, si vous avez un enfant en situation de handicap, un problème psychiatrique ou d’assuétude, on sait que ça va être compliqué. Donc notre travail est d’essayer de trouver ensemble des solutions et de remettre les gens sur le chemin de l’autonomie. Pour, à ce moment-là, attendre aussi d’eux qu’ils prennent leur destin en main.

Beaucoup de présidents de CPAS craignent l’avenir, notamment avec l’afflux de bénéficiaires induit par la réforme du chômage.

Une réforme conçue par le gouvernement fédéral et votre parti, le MR. Où vous positionnez-vous ?

Parmi les nouveaux publics, il y a les personnes qui étaient hier au chômage. C’est nouveau. Mais une partie des présidents de CPAS de gauche ne voulaient pas faire de la formation à l’emploi et sont dans une situation plus compliquée. Ensuite, objectivement, pour 2026, la réforme est très bien financée. Par contre, pour les années suivantes, comme le fédéral nous demande de permettre à ces personnes de sortir du CPAS le plus rapidement possible, nous sommes de moins en moins financés. Donc je ne travaille pas que sur le budget 2027, mais sur des budgets jusqu’à 2030. Je veux qu’on comprenne que nous n’aurons pas de problème de financement, pour autant que nous ayons des politiques d’activation à l’emploi très ambitieuses.