En Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB), 40 % des enseignants interrogés disent avoir déjà renoncé à aborder un sujet ou décidé d’en limiter le champ de réflexion. Par ailleurs, 60 % d’entre eux ressentaient une augmentation des cas où des sujets entrant en confrontation avec les croyances des élèves sont remis en question ou rejetés.  C’est extrêmement préoccupant !!

Parmi les sujets fréquemment mis de côté pour éviter les controverses figurent :  l’évolution des espèces, l’origine de la vie et de l’univers, les questions relatives aux différences culturelles, ethniques, religieuses, de genre ou d’orientation sexuelle, la démocratie, ainsi que l’égalité entre les individus… Même des sujets politiques, tels que les élections dans un pays dont les parents ou les grands-parents sont originaires, peuvent devenir source de tensions aiguës en classe.

L’année dernière, 1.700 professeurs ont suivi une session liée à ce phénomène cette année scolaire en FWB. C’est encore insuffisant. Il faut également rapidement donner des outils pédagogiques aux enseignants.

La question fondamentale qui se pose est simple, mais cruciale : pouvons-nous sérieusement préparer nos enfants à devenir des citoyens éclairés et autonomes en évitant délibérément en classe certaines réalités et certains sujets ? La réponse est clairement négative pour ma collègue Stéphanie Cortisse et moi ! L’autocensure, quelle que soit son origine, représente un abandon de démocratie préoccupant.

Cette autocensure n’est pas acceptable et n’est pas une fatalité !

Notre enseignement doit rester un endroit où s’ouvre l’esprit critique de nos jeunes. Nous devons accompagner les enseignants qui sont en difficulté. Ils doivent pouvoir s’exprimer librement et aborder tous les sujets avec leurs élèves sans aucune exception.

Nous devons faire plus, il en va du vivre-ensemble et de la démocratie de demain. Nous devons réaliser un monitoring annuel afin de suivre ce phénomène, en augmentation dans d’autres pays, notamment en France, depuis l’assassinat de Samuel Paty ; mettre rapidement à la disposition des enseignants des ressources pédagogiques consultables pour les aider à aborder ces sujets en classe.

Nos positions dans la presse : ICI 

 

Rejoignez la discussion 2 commentaires

Laisser un commentaire

X