Tous les Bruxellois le constatent avec tristesse, les rues deviennent de plus en plus sales. C’est la raison pour laquelle, en compagnie de ma collègue Bianca Debaets, j’ai déposé en octobre denier une proposition de motion pour déclarer Bruxelles en état d’urgence propreté. Je pense en effet que l’opposition doit toujours être constructive et amener des solutions. Nous avons développé 38 propositions réparties en 6 catégories dont vous pouvez prendre connaissance ci-dessous :

A/ Intensifier le nettoyage & fixer des objectif de résultats 

1/ Créer 3 shifts de balayeurs assurant un service dans tous les quartiers de 6h du matin à 22h, en particulier dans les espaces verts ;

Fixer des objectifs de résultats aux agents de la propreté et revaloriser leur fonction afin qu’ils deviennent Responsables de la propreté et de l’embellissement du quartier. Ces responsables auront des objectifs de résultats quantifiables et bénéficieront d’une rémunération variable en conséquence. Il seront en charge de toutes les mesures de propreté et d’embellissement de leur  quartier d’action : anti-tags, verdurisation, gestion des mauvaises herbes, bancs cassés, lumières manquantes… Leur numéro de téléphone sera repris sur un site web accessible à tous les citoyens. 

2/ Mettre en place un service de police environnementale et des brigades d’intervention rapides contre les dépôts clandestins et pour un ramassage des sacs poubelles sortis aux mauvaises heures. 
Dès que le personnel de la Ville de Bruxelles ou les citoyens identifient ces dépôts clandestins, ils doivent être retirés dans les 6h. Créer une application permettant d’alerter les services compétents. Dès que le dépôt est retiré, une preuve par photo sera envoyée aux habitants.

3/ Intensifier le balayage et nettoyage des principaux axes commerciaux, 24h/24 en particulier sur les boulevards du centre-ville, le cœur de notre capitale et les rues avoisinantes de grande fréquentation qui sont la vitrine de notre pays sur le monde. 

4/ Intensifier le retrait des graffitis dans les 48H dès le signalement par les habitants ou le Responsable Propreté du quartier.

5/Engager des peintres de rue par quartier lesquels repeignent directement les murs endommagés, en partenariat avec les propriétaires. 

6/ Contrôler davantage le nettoyage des abris-bus lequel dépend de la Région et des publicitaires privés. Les tags seront retirés par la Ville et facturés directement aux responsables.

B/ Sensibiliser au respect & montrer l’exemple

7/ Donner l’exemple au sein des services communaux comme outil de sensibilisation de la population à l’environnement. Par exemple, s’assurer de l’état de la façade de tous les bâtiments communaux ; retirer les tags en 24h ; s’assurer de l’excellent entretien des espaces verts ; continuer d’isoler tous les bâtiments pour réduire la consommation d’énergie, etc. ; 

8/ Intensifier les  politiques de prévention, notamment avec Bravvo, rappelant notamment la nécessité de respecter son environnement et énonçant clairement les sanctions prévues dans le règlement de police en cas d’incivilités. Il s’agit notamment de campagnes de propreté par quartier, opérations « nettoyage de printemps » au niveau des encombrants avec publicité et sollicitation des habitants, affiches dans les lieux sensibles, informations dans les écoles, etc. Trop de citoyens ne comprenent pas que le simple fait de jeter son mégot par terre est un acte d’incivilité passible d’une amende de 50€. C’est surtout un non-respect de notre ville. Ces campagnes devront rappeler ces valeurs. ; 

9/ Sensibiliser les élèves au respect de la nature et de la propreté par des campagnes d’information dans toutes les écoles. Affecter une partie des « jours blancs » à cette sensibilisation. Par exemple, en encourageant les écoles à créer des potagers urbains ou à travailler avec des animaux, notamment ceux de la ferme Maximilien.

10/ Encourager et collaborer activement avec les associations citoyennes (par exemple « Leo not happy ») qui développent des projets de propreté collaborative et/ou qui organisent des nettoyages et ramassages publics et citoyens. 

11/ S’assurer que chaque organisateur d’évènement sur le territoire de la Ville fasse de la propreté une priorité. Chaque évènement, en particulier dans la zone Unesco, doit mobiliser des responsables de la propreté, nettoyant pendant tout l’évènement et rappelant de la nécessité d’avoir une ville propre. Les Verres en plastique sont interdits au profit de gobelets consignés. En outre, après chaque évènement, la Ville contrôlera l’état de l’espace public. Des amendes dissuasives seront imposées et la pérennisation de l’évènement dépendra de cette évaluation. 

12/ Créer un label « Des rues propres et belles » visant, quartier par quartier, à mettre en avant les plus belles et plus propres rues de Bruxelles.

13/ Travailler avec des artistes de rue sensibilisant au respect des lieux publics. 

14/ Créer, via les écoles de la Ville, des formations liés au respect de l’environnement et à la propreté publique. Ces formations seront notamment destinés aux Responsables et agents en charge de la propreté et de l’embellissement du quartier.

C/ Réprimer sévèrement toutes les incivilités : Tolérance 0 

15/ Lutter plus sévèrement contre les incivilités qui gâchent la vie quotidienne des citoyens. Qu’il s’agisse de dépôts clandestins, de déchets sauvages le long des routes, de déjections canines sur la voie publique, de tapage nocturne ou diurne, d’actes de vandalisme ou d’autres dégradations de l’espace public, de tags et graffitis,  la Ville doit réprimer directement toutes les incivilités (tolérance 0) dans tous les quartiers, après une importante période de sensibilisation qui sera menée pendant les 6 premiers mois de 2019. 

A cet égard, un service de police environnementale sera créé. Il permettra d’augmenter les contrôles (grâce à l’engagement supplémentaire d’agents sanctionnateurs et de policiers dédiés à ces contrôles) et d’intensifier  les recours aux caméras mobiles et fixes dans les quartiers de notre Ville. 1000 caméras publics et privés seront reliés à notre réseau de télésurveillance. 

16/ Lutter plus sévèrement contre la pollution sonore en appliquant à la lettre le règlement de police ou en l’adaptant de façon à limiter l’usage intempestif de tout appareil sonore (radio, GSM, tablette, tondeuse, etc.) sur la voie publique ; 

17/ Privilégier, dans les sanctions, les travaux d’intérêt général visant à réparer les dégâts, à nettoyer, à laver, à enlever les graffitis, à dépolluer, à cultiver, etc. et assortir ces derniers d’une formation de quelques heures sur le respect de l’environnement via des éco-conseillers ; 

18/ Réprimer plus sévèrement, notamment par une hausse des taxes et amendes y afférent, le placement des petites cartes publicitaires sur les voitures ; 

D/ Faire de la Ville de Bruxelles, une véritable Smart city propre et verte 

19/ Promouvoir tous les projets publics et privés de citoyens et d’entreprises visant à rendre la ville de Bruxelles plus smart en 5 ans. L’objectif est d’en faire une des villes les plus smart d’Europe, au côté de Barcelone, Issy-Les-Moulineaux ou Rotterdam.

20/ Installer des poubelles intelligentes (qui compactent les déchets de manière à en accueillir 8 fois plus qu’une poubelle normale, qui signalent de manière électronique qu’elles sont pleines aux camions de récolte et qui sont alimentées par des panneaux solaires) ;
 
21/ Prendre à la charge de la Ville (et non plus de la Région vu les faibles investissements consentis) l’enfouissement de toutes les bulles à verts et grandes poubelles visibles. En 6 ans, toutes ces poubelles doivent être enterrées.

22/ Etudier la mise en place, de concert avec le pouvoir régional et, là où c’est possible et finançable, d’un système souterrain d’évacuation pneumatique des poubelles comme à Barcelone ou de collecte par bulles enterrées de tous types de déchets ; 

23/ Mener une politique de revitalisation urbaine, fondée sur la participation citoyenne et les nouvelles technologies, développant à la fois des actions en faveur de la réhabilitation des quartiers, d’un meilleur aménagement des voiries et espaces publics, de la création d’espaces verts, de la rénovation des façades pour renforcer le cadre de vie urbain ; 

24/ Promouvoir la végétalisation urbaine là où c’est possible, notamment sur les toits ; 

25/ Réduire préventivement le risque de survenance d’actes portant atteinte à l’environnement en encourageant (par des cofinancements publics-privés), par exemple, la verdurisation des murs aveugles , notamment ceux en partie dévolus à la publicité, veiller à la propreté des bâtiments publics (car le déchet appelle le déchet et inversement : quand un endroit est propre, on a tendance à le maintenir propre) ; 

E/ Moderniser les outils de propreté

26/ Prévoir, à proximité de ces bulles à verres enfuies, des poubelles de tris (enfuies également) destinées aux différents emballages (en plastique ou en carton) ayant servi pour le transport des bouteilles en verre vides ;

27/ Généraliser, en partenariat avec le privé, la mise en place de « réceptacles pour huile usagée », c’est-à-dire des poubelles adéquates pour gérer le dépôt des huiles de friture usagées ; 

28/ Créer, via une concession domaniale et avec un ou plusieurs partenaires privés, des lieux de collecte de déchets spécifiques (GSM, bouchons, cartouches d’encre, etc.) ou organiques ; 

29/ Placer ou retirer des poubelles à la demande, en partenariat avec les comités de quartier et les habitants (places, écoles, rues commerçantes, etc.) et en tenant compte de l’utilisation des trottoirs par des personnes à mobilité réduite, poussettes, etc. 

30/ Installer gratuitement, devant chaque Horeca, des cendriers lesquels doivent être nettoyés chaque jour par l’établissement. 

31/ Rendre les parcs à conteneurs accessibles après les heures de travail pendant les jours de semaine et développer, avec le secteur privé, un système de collecte des déchets encombrants ;

32/ Développer un service de récolte des déchets adapté aux personnes à mobilité réduite (récolte des encombrants, aide aux personnes en situation de handicap via les Plans de Cohésion Sociale, par exemple, etc.) ; 

33/ Installer des distributeurs de petits sacs pour ramasser les déjections canines  ; 

34/ Mettre en réseau informatique les avaloirs et fossés communaux afin de les répertorier, d’inventorier les interventions nécessaires à leur entretien et de renforcer la fréquence des vidanges ;

F/ Soutenir le tri et le recyclage

35/ Intensifier la création des compostières publiques en partenariat avec les citoyens et les comités de quartier ; 

36/ Créer et développer les « ressourceries », en partenariat avec les habitants, c’est-à-dire des lieux de récupération, de réparation, de revalorisation voire de revente et parfois d’éducation à l’environnement. Les diverses expériences dans d’autres villes ont permis de créer de l’emploi, d’éviter le gaspillage et de répondre aux besoins de consommateurs ; 

37/ Installer, des toilettes publiques (pas seulement des urinoirs mais aussi pour dames et pour personnes à mobilité réduite) dans tous les axes commerciaux, en partenariat avec les entreprises notamment l’Horeca ;

38/ Tester, avec la Région, la possibilité de consigner les canettes.

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