Pentagone

Intégration de la Senne dans les futures grandes rénovations du Centre-ville

4 février 2014 Pas de commentaire

Voutement_de_la_Senne_FR.svgDurant des siècles, la Senne a été une source importante du développement économique et social de notre ville. Il n’en reste hélas aujourd’hui que très peu de traces visibles.
Au XIXème siècle, les crues récurrentes de la Senne ont causé des inondations à répétition. La rivière étant alors utilisée comme égout à ciel ouvert, le Conseil communal de l’époque a décidé de la voûter. Ces travaux ont été réalisés entre 1867 et 1871. La Senne a donc été enfouie sous terre entre la gare du Nord et la gare du Midi. En lieu et place de la Senne, de grands boulevards ont vu le jour. Ceux-ci sont aujourd’hui au centre de l’attention de ce Collège dans le cadre de la rénovation du centre-ville.
En 1930, l’écoulement de la Senne est dévié de son cours initial vers les boulevards de la petite ceinture à l’Ouest de la ville : Porte de Flandre, Porte de Ninove, Porte d’Anderlecht.
Aujourd’hui, la Senne, enfouie sur six kilomètres d’Anderlecht à Laeken, coule sous les boulevards de ceinture à l’ouest. On peut la voir, à l’air libre avant qu’elle ne s’engouffre en sous-sol, près de la gare du Midi (rue des Vétérinaires) ou, coulant dans son second voûtement, en descendant au niveau inférieur du Musée des Egouts (Porte d’Anderlecht).

Selon les urbanistes et historiens, les voûtements sous les boulevards du centre existent toujours.  Les deux arches où coulait la Senne servent aujourd’hui en cas de fortes pluies en récupérant le trop plein d’eau débordant des deux collecteurs d’égouts. Sous l’infrastructure de ce voûtement, on retrouve le pré-métro.
Aujourd’hui, suite aux diverses transformations du centre-ville, les Bruxellois ont oublié qu’une rivière y coulait malgré de timides références à certains endroits.

La rénovation des boulevards du centre-ville pourrait offrir l’opportunité de faire revivre une partie de la Senne en plein cœur de notre Ville.

Monsieur le Président,
Dans plusieurs villes du monde, les pouvoirs publics, après avoir recouvert leurs canaux ou cours d’eau, ont décidé de les rouvrir intégralement ou en partie.
C’est notamment le cas à Séoul, alors que dans les années 60, la rivière Cheonggyecheon est transformée en voie express surélevée ; dès 2003, le maire de Séoul fait démolir cette voie express, fait découvrir la rivière et fait construire une promenade de 6km de long. Très rapidement, cette promenade le long de la rivière est devenue un des plus importants lieux de culture de la ville de Séoul.
A Court-St-Etienne, le conseil communal a voté en 2008 la démolition du pertuis de la Dyle afin de remettre la rivière à ciel ouvert. Cette découverture s’est réalisée dans le cadre de la reconversion du site industriel afin de créer des logements et des commerces dans le cadre d’un quartier durable.
A Paris, le célèbre canal Saint-Martin fut couvert sur 2 km dans le cadre des aménagements haussmanniens. Il passe sous le terre-plein central des boulevards Jules Ferry et Richard Lenoir, afin de rappeler la présence souterraine de l’eau, des pièces d’eau sont  installées à la surface.
Plus proche de chez nous, à Gand, depuis des années, les autorités développent des  projets similaires dans le centre-ville.
Monsieur le Président,  mes questions sont les suivantes :
–    Dans le cadre des projets de rénovation du centre-ville, il importe surtout de rendre les rues et boulevards du centre plus agréables, conviviaux, sûrs et beaux au profit des habitants, de tous les Bruxellois souhaitant faire du shopping et des touristes.

Dans ce contexte, la réouverture de certains bras de la Senne pourrait être une plus-value esthétique, patrimoniale et touristique pour notre Ville. Pouvez-vous faire étudier la possibilité de redonner vie à la Senne au cœur de notre centre-ville? S’il existe des études à ce sujet, pouvez-vous les communiquer au conseil communal ? Qu’en pensez-vous ?

–    Si réouvrir certaines parties de la Senne est difficile techniquement ou financièrement, il est également possible de prévoir la création de pièces d’eau (bassins, fontaines..) symbolisant le passé de la Senne dans notre centre. Dans le cadre de la rénovation du centre-Ville, cette dernière possibilité a-t-elle aussi été examinée ? Est-elle envisageable ?

–    Plusieurs associations dont la « Coordination Senne » » militent depuis longtemps en faveur de la réouverture de la Senne en commençant par le Parc Maximilien. Avez-vous déjà pu faire examiner la faisabilité de leur projet ?
Je vous remercie.

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