Madame, Monsieur,

Vous trouverez ci-dessous, ma dernière interpellation au Ministre de la formation professionnelle concernant “l’intégration des enjeux de l’intelligence artificielle dans les politiques de formation”.

Vous trouverez l’échange en entier : ICI (en attente de lien)

Bonne lecture et n’hésitez pas à me faire part de vos remarques et questions.

 

Monsieur le Ministre,

L’intelligence artificielle est aujourd’hui au coeur de l’actualité économique et académique. Les opportunités d’emploi en la matière sont importantes. Les menaces le sont tout autant! 

Différents rapports estiment en effet qu’en Belgique l’automatisation combinée à l’intelligence artificielle pourrait créer plus de 200.000 emplois et augmenter le PIB de la Belgique de 1%. Mieux, l’automatisation permettrait également de rapatrier certaines activités qui étaient, il y a peu encore, délocalisées vers des « pays à bas coûts ». C’est en tout cas le constat d’Agoria.

Il n’y a pas que dans l’industrie que les entreprises s’attendent à un effet bénéfique de la digitalisation et de l’intelligence artificielle sur l’emploi. Selon un sondage tout récent de Manpower, 15% des employeurs belges tous secteurs confondus anticipent que la digitalisation va faire grossir leurs effectifs, contre seulement 5% qui prévoient une diminution. PwC estime que 30% des emplois actuels présentent un risque élevé d’automatisation d’ici 2030. L’OCDE se limite, pour sa part, à 10% de jobs menacés, ce qui représente 600.000 emplois en Belgique. 

Les rapports existants, dont celui du McKinsey Global Institue (décembre 2017) pointent cependant l’impréparation en la matière des jeunes qui arrivent sur le marché du travail. D’après McKinsey, 60% des employeurs considèrent que ces jeunes diplômés sont en effet mal préparés au marché du travail à la fois d’un point de vue technique (en sciences, technologie, ingénierie et mathématiques) mais aussi d’un point de vue des compétences relationnelles et humaines (en termes de communication, travail d’équipe, ponctualité). Au point que pour 40% des employeurs, le manque de compétences est la raison principale de vacance des postes élémentaires dans le domaine.

Selon la dernière étude d’Agoria concernant l’impact de la digitalisation sur le marché du travail (2019) la numérisation a un impact majeur sur ce marché. Quelque 4,5 millions de travailleurs devront régulièrement renforcer leurs compétences. Certains emplois vont disparaître et d’autres vont changer. Mais surtout, beaucoup de nouveaux postes vacants se présenteront. Si nous ne prenons pas les mesures qui s’imposent, pas moins de 584 000 postes vacants en Belgique resteront vacants en 2030. En outre, 310 000 travailleurs et chômeurs nécessiteront une reconversion pour un nouvel emploi durable. 

L’intelligence artificielle nous met donc devant un défi important : Il faut non seulement former les personnes qui recherchent un emploi mais également les personnes qui travaillent et qui doivent s’adapter aux nouvelles technologies.

Les opportunités importantes liées au développement de l’intelligence artificielle peuvent donc également profiter aux demandeurs d’emploi et ce, dans le cadre des formations qui leur sont données pour retrouver le marché du travail. 

L’intelligence artificielle n’est pas une supposition. les changements vont avoir lieu. Les politiques doivent anticiper son impact sur le marché du travail et accompagner celles et ceux qui auront le plus de difficultés.

Monsieur le Ministre, plusieurs questions se posent :

I/ Quelles sont les formations actuellement enseignées ou développées auprès des demandeurs d’emploi bruxellois, en termes d’intelligence artificielle (coding, analyse de données, développement d’algorithmes, …) et ce, pour répondre aux besoins de l’économie régionale ?  Quelles sont les formations continuées proposées à cet effet en partenariat avec les acteurs privés ? 

II/ Quelles sont les priorités que vous dégagez en la matière notamment en réponse aux enjeux soulevés dans l’étude d’Agoria?

III/ Quelles mesures avez-vous prises pour encourager les formations professionnelles liées à l ‘IA? Quel bilan tirez-vous de l’action de votre prédécesseur en la matière? 

IV/ Quel est actuellement l’état des collaborations concrètes avec le tissu des entreprises du secteur ? Les associations spécialisées? Avec les autres Régions qui sont exposées aux mêmes enjeux mais dont la structure des marchés du travail permet peut-être des synergies dans les solutions ? 

 

X